• 1921
  • 1956
Earl SPENCER , (XVIIIe siècle), Althorp. Dessins anciens.
 
Le « Honourable » John Spencer (1708-1746), père de John, premier Earl Spencer (1734-1783), parait être le fondateur de cette riche collection de dessins. Son petit-fils George John, 2e Earl Spencer (1758-1834), est généralement désigné comme le formateur de la collection, mais à tort ; le catalogue de la vente de 1811 dit clairement qu'elle remonte au milieu du XVIIIe siècle. De plus, des recherches à Althorp ont conduit à la découverte d'une liste de dessins et d'estampes signée par le dessinateur George Knapton, datée 1756, et indiquant comme propriétaire le « Honourable » John Spencer, mort en 1746. Il est très probable que ces feuilles avaient appartenu antérieurement à la célèbre Sarah duchesse de Marlborough (1660-1744), sa grand-mère maternelle, qui lui laissa presque tous ses biens, « in spite of his dissolate and extravagant life ». Cet héritage était évalué à un revenu de £ 60.000 par an. Nous n'avons pas à rappeler ici l'importance du duc et de la duchesse de Marlborough comme amateurs d'art ; les fondateurs de Blenheim Palace sont trop connus à ce titre. C'est en 1765 que le titre de « Earl » fut conféré à John Spencer. Son fils, George John, qui fut ambassadeur à Vienne et Lord of the Admiralty de 1794 à 1801, s'est surtout distingué par les soins qu'il consacra à la bibliothèque d'Althorp. Cette bibliothèque avait la réputation d'être la plus belle chez un particulier en Europe. Le premier Earl Spencer était bien lui aussi bibliophile (il acquit entre autres 5000 volumes de la bibliothèque du docteur George du Collège d'Eton), mais c'est de beaucoup le second Earl qui contribua le plus à l'enrichissement de la collection. On cite, comme son achat le plus important, celui de la bibliothèque du comte de Revicky, en 1790 (voir les ouvrages de Th. F. Dibdin Bibliotheca Spenceriana 1814-1817, Aedes Althorpianae 1822, Book Rarities in Lord Spencer's Library 1811 et A descriptive catalogue of the books ... of the duke di Cassano Serra etc., 1823). Elle fut acquise en 1892 par Mme John Rylands qui la fit transporter à Manchester, compléta l'installation du bâtiment qui l'abritait., et fit don du tout, contenant et contenu, à la ville de Manchester en 1899. La galerie de tableaux qui reste conservée à Althorp, était également des plus belles, mais, pendant la guerre 1914-1918, quelques-unes des œuvres les plus remarquables sont passées dans d'autres collections, certaines en Amérique.
La marque originale est celle reproduite sous le L.1530 ou la variante L.1531. Lors de la vente de 1919 on a fait, d'après la mauvaise reproduction donnée par Fagan, un nouveau cachet (L.1532), trop grand, qui fut apposé au recto de plusieurs des estampes ; il ne figure heureusement pas sur les pièces de Rembrandt.
 
VENTES :
I. 1811, 10 juin et 7 jours suivants, Londres (chez Th. Philipe). Dessins anciens. Vente très importante, anonyme. « Superb cabinet of drawings, the entire collection of a nobleman, formed with refined taste and judgment about the middle of the last century ». 899 nos décrits assez clairement. Œuvres de toutes les écoles. Les maîtres italiens étaient représentés e. a. par Bellini, Une exécution £ 4 4s., L. Carrache, dont le meilleur paysage fit £ 5 5s., le Corrège, étude pour la Nativité connue sous le nom de « La Notte », coll. Lely, Lankrink et Richardson, £ 9 19s. 6d., le Dominiquin, L'Assomption, £ 12 12s., Marc-Antoine, Charon, coll. Lanière, Lankrink et Richardson £ 5 10s. et Trois figures £ 5 15s., Raphaël, L'Adoration des Rois Mages £ 4 6s. et Le sacrifice d'Abraham, gravé par Veneziano, £ 3 6s., Salv. Rosa, St. George £ 15 15s., Titien, Vénus et Adonis £ 14 10s. et de Vinci, Feuille d'étude avec St. Georges £ 14 5s., puis encore Mantegna, grand nombre de Parmesan, le Pérugin, etc. - De l'école allemande on note, de Dürer, les 12 travaux d'Hercule £ 5 5s. et un Homme au béret, daté de 1517, seulement 4s. 6d. - Dans l'école hollandaise les Rembrandt se vendirent remarquablement bien : L'Ange apparaissant à Jacob £ 12 12s., Trois figures orientales en conversation £ 11 11s., Le bon Samaritain, effet de nuit £ 44 2s., Paysage avec bateaux, dit le lac de Haarlem £ 15 15s., et Trois paysages respectivement : £ 18 7s. 6d., £ 26 5s. et £ 42. De ses contemporains surtout van Borssum, de van der Neer un Clair de lune £ 4, J. Ruisdael, un paysage 1646 £ 10 5s., un de 1649 £ 18 10s. et un autre £ 49 7s., van de Velde, Calme plat £ 5 12s. 6d. Puis Rubens et van Dijck. Beaucoup de bonnes pièces aussi de l'école française : plusieurs de Claude, e. a. un paysage capital daté Rome 1660 (Liber Veritatis T. III n° 46) £ 44 2s., Le Nain, Watteau, et du Poussin e. a. un Paysage avec deux femmes nues et un héros £ 73 10s. - Produit £ 1330 15s.
 
II. 1919, 25 juin, Londres (chez Christie). Belles estampes anciennes « removed from Althorp, the property of the Rt. Hon. Earl Spencer, K. G. ». 181 nos. Les enchères furent assez déconcertantes, certaines pièces étant payées leur prix normal, alors que d'autres restaient sensiblement en dessous de leur valeur. L'ensemble paraissait être d'une formation très ancienne, beaucoup des feuilles portaient, au verso la signature de Pierre Mariette, le grand-père du célèbre Pierre-Jean, et avaient probablement été fournies directement par lui dans la seconde moitié du XVIIe siècle. On remarquait surtout une importante série de 80 nos de Rembrandt, dont le Rembrandt appuyé en 2e ét., avec signature de P. Mariette, £ 535 10s., les Trois Croix, 4e ét. £ 210, La Pièce de cent florins, 2e ét. £ 756, le Paysage aux trois arbres £ 1155. Les Trois Chaumières, 3e ét. £ 336, le Moulin de Rembrandt £ 241 10s. Dans les Dürer (32 nos) les plus hauts prix furent de £ 399 pour la Nativité et £ 378 pour Saint Hubert. Citons encore comme autres principaux maîtres représentés : Marc-Antoine, Claude Gellée, A. Masson (le Brisacier 1r ét. £ 110 5s.), Nanteuil, et van Dijck (son propre portrait 1r ét. £ 577 10s.). - Produit £ 9395 16s. 6d.
 
On trouve encore, au British Museum, le catalogue de vente suivant, portant la mention manuscrite « Lord Spencer », mais nous n'avons point ailleurs trouvé la confirmation de cette attribution :
1799, 31 mai et jours suivants (direction Th. Philipe). Dessins importants de toutes les écoles (Raphaël, Caravage, Corrège, Marc-Antoine, P. de Cortone, Jules Romain, les Carrache, le Dominiquin, Holbein, Rubens, Rembrandt, van Ostade) « collected by a nobleman (deceased) » et provenant des collections P. Lely, Richardson, etc. Vente de 357 nos, souvent plus d'une feuille par n°. Il semble qu'il s'agisse d'un bon ensemble.
 
Earl SPENCER , Althorp.
 
Voir encore le catalogue de l'exposition des tableaux provenant d'Althorp chez Thos. Agnew à Londres, février-mars 1947 (avec historique de la collection). Nous renvoyons pour tous les détails sur sa belle bibliothèque au livre de S. de Ricci, English collectors of books and manuscripts and their marks of ownership, Cambridge 1930, pp. 71-83.
Voir une autre marque au L.2341a.
 
numéro
L.1531
intitulé de la collection
Spencer, John
technique marque estampée, encre
couleur
localisation
dimension 5.5 x 3 mm (h x l)
3 renvois  
Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia